Dans la plupart des pays de l’Union Européenne, l’accès aux soins des étrangers (en particuliers des sans-papiers) est nettement plus restreint que celui des nationaux. Dans certains pays, il se limite pour ces populations aux urgences vitales. Le réseau HUMA (projet Averroes) a pour objectif de promouvoir l’accès aux soins pour les demandeurs d’asile et les sans-papiers. Ce projet de plaidoyer d’une durée de 3 ans sera conduit dans 19 Etats membres de l’U.E.
L’Union Européenne, qui abrite environ 25 millions de ressortissants non-communautaires (soit moins de 5.5% de sa population totale), estime que 4.5 à 8 millions de sans papiers 1 se trouveraient actuellement sur son territoire. Elle a par ailleurs enregistré 222 900 demandes d’asile en 2007.
Dans l’U.E, l’état de santé des sans-papiers et des demandeurs d’asile est généralement moins bon que celui des nationaux. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : traumatismes psychologiques et physiques qui résultent de la situation au sein du pays d’origine, conditions de vie sur la route lors de la migration, conditions de vie extrêmement précaires dues aux situations sociale et administrative. Et, comme le souligne l’OMS, ce sont bien les plus pauvres qui ont généralement le plus mauvais état de santé.
En 2007, le premier rapport de l’Observatoire Européen pour l’accès aux soins de Médecins du Monde révélait la réalité à laquelle sont confrontés les sans-papiers en Europe.
Les politiques pour les sans-papiers et les demandeurs d’asile ont tendance à restreindre l’accès aux soins et à encourager d’avantage de contrôle ce qui tend à réduire le recours aux services de santé par les sans-papiers et cela même quand ils y ont droit.
La protection des étrangers gravement malade contre l’expulsion vers des pays dans lesquels l’accès aux soins requis n’est pas garanti n’est pas assurée par tous les Etats membre de l’Union Européenne.
Enfin, selon différents rapports du Parlement Européen, du Comité Européen pour la prévention de la Torture et de nombreuses ONG spécialisées, la situation des sans-papiers et des demandeurs d’asile dans les centres de rétention administratifs semble se détériorer. En ce qui concerne l’accès aux soins, la législation européenne ne fournit pas de garanties claires.
Pour le réseau HUMA, l’accès aux soins des demandeurs d’asile et des sans-papiers constitue un enjeu essentiel :
L’objectif principal du projet est d’améliorer la santé des demandeurs d’asile et des étrangers en situation irrégulière dans l’U.E en réduisant les inégalités d’accès aux soins. Afin d’obtenir, d’ici 3 ans, une amélioration de l’accès aux soins des sans-papiers et des demandeurs d’asile dans l’U.E, le réseau encouragera la production et la mise en place dans les Etats membres de normes communautaires.
Le projet HUMA a créé un réseau d’ONG couvrant 19 Etats membres de l’U.E. Ce réseau mène, depuis avril 2008, des activités de plaidoyer au niveau national et européen afin d’obtenir la reconnaissance et l’adoption par l’U.E :
Un réseau de plaidoyer composé d’ONG intervenant auprès des sans-papiers et/ou des demandeurs d’asile est constitué. Celui-ci comprend toutes les délégations MdM qui se trouvent sur le territoire de l’U.E. et des ONG partenaires dans 9 autres Etats membres où MdM n’est pas présente. Tous les membres du réseau HUMA partagent les mêmes objectifs et activités et cherchent à établir une collaboration solide et de long terme.
Par ailleurs, le réseau réalise des enquêtes sur les législations en termes d'accès aux soins et sur l'accès effectif à ces soins de santé dans les pays du réseau.
Des campagnes nationales et européennes de sensibilisation et de mobilisation seront menées tout au long du projet.
Un chargé de plaidoyer basé à Bruxelles dialoguera avec les institutions européennes pertinentes. Les membres du réseau HUMA établiront un dialogue avec toutes les institutions nationales concernées par les questions de santé et de migration dans les 19 Etats membres de l’UE.
1 Global Commission on International Migration (GCIM), Migration in an Interconnected World : New Directions for Action, Report of the Global Commission on International Migration, October 2005